En l’espace de 20 ans, la PME familiale Maître Glacier a multiplié sa recette en misant sur la franchise comme modèle d’affaires. La chaîne québécoise de crèmeries et de gelatos artisanaux, fondée à Granby, compte aujourd’hui 26 succursales à travers la province et prévoit d’en ouvrir quatre de plus d’ici la fin de 2026, à Gatineau, Bécancour, Drummondville et Farnham. Derrière cette expansion : le couple Marc Deragon et Martine Benoit, qui dirige l’entreprise depuis ses tout débuts.

Une histoire de famille tombée dans la crème glacée

Marc Deragon, président et fondateur de Maître Glacier, dit être tombé dans la crème glacée « comme Obélix est tombé dans la potion magique », très jeune. Ses parents tenaient un bar laitier sur la rue Principale de Granby quand il avait à peine 10 ans. En 1994, son père démarre une entreprise spécialisée dans la vente d’équipements pour bars laitiers, dont Marc prend la relève en 2008. C’est sa conjointe, Martine Benoit, qui ouvre le tout premier Maître Glacier en 2006, dans une vieille bâtisse de 400 pieds carrés en face du Zoo de Granby, bien loin des 3 000 pieds carrés qu’occupe aujourd’hui la succursale phare de la rue Dufferin, à Granby.

Franchiser sous la pression populaire

L’entreprise a commencé à franchiser son concept en 2010, « sous la pression populaire », selon M. Deragon. Le premier franchisé, Richard Bluteau, a ouvert son établissement sur l’avenue Papineau, à Montréal, et est depuis devenu actionnaire minoritaire de l’entreprise. Aujourd’hui, l’ensemble des franchises Maître Glacier compte entre 300 et 400 employés, et le siège social de Granby accueille chaque semaine de futurs franchisés pour une formation complète : confection de cornets et de gâteaux, gestion, relations avec les fournisseurs, et plus encore.

Quatre nouvelles adresses d’ici la fin de l’année

Selon Marc Deragon, de nouvelles succursales ouvriront leurs portes à Gatineau, Bécancour, Drummondville et Farnham d’ici la fin de 2026. Celle de Bécancour, actuellement en formation au siège social sous la supervision de Léonie Blanchette et Laurent Lepage, sera la première du réseau à offrir le service à l’auto. « C’était mon rêve. Je voulais avoir ma petite crèmerie », a expliqué Mme Blanchette, qui a découvert l’occasion sur les réseaux sociaux de l’entreprise.

« La franchise, c’est de l’entrepreneuriat encadré »

Pour Tarek Yazidi, président-directeur général du Conseil québécois de la franchise, ce modèle d’affaires demeure une option de choix pour qui souhaite devenir entrepreneur. « La franchise, c’est de l’entrepreneuriat encadré. C’est-à-dire, vous êtes en affaires par vous-même, mais vous n’êtes pas laissé à vous-même », explique-t-il. « L’avantage numéro un est que le risque de faillite est très faible. Par rapport à une entreprise indépendante, 96 % des franchisés demeurent en affaires au Québec après cinq ans. » Le franchiseur, note-t-il, apporte une recette rodée en échange d’un pourcentage du chiffre d’affaires, redevances, fonds national de publicité et autres frais, mais impose en retour une uniformité stricte, jusque dans le choix de la couleur des murs.

La tendance des multifranchisés

M. Yazidi souligne par ailleurs la montée des multifranchisés et multibannières dans l’industrie québécoise, une tendance assez marquée pour que le Gala de la franchise lui ait consacré une nouvelle catégorie de prix. Il cite en exemple la famille Guigère, de Trois-Rivières, qui exploite 60 restaurants Subway tout en étant elle-même franchiseur de Sushi Taxi. Le Groupe d’Alimentation MTY, franchiseur montréalais qui compte plus de 90 marques dont Mikes, Thaï Express, Bâton Rouge et Valentine, illustre à plus grande échelle cette consolidation du secteur de la restauration franchisée.

Ce qu’il faut retenir

Avec ses quatre nouvelles adresses annoncées d’ici la fin de l’année, Maître Glacier confirme que la croissance par la franchise reste un moteur actif pour les entreprises familiales québécoises, vingt ans après l’ouverture du tout premier comptoir de la rue Principale. L’arrivée prochaine du service à l’auto à Bécancour témoigne aussi d’une volonté d’adapter le concept aux nouvelles habitudes de consommation, sans renoncer au modèle qui a fait le succès du réseau : celui d’un entrepreneuriat encadré, où le risque individuel diminue à mesure que la marque grandit.

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