Le commerce québécois entame la seconde moitié de 2026 sur des bases plus solides. Après une année 2025 marquée par la prudence des ménages, les chiffres de l’Institut de la statistique du Québec (ISQ) confirment une reprise réelle des ventes au détail. Pour les réseaux de franchises, qui pèsent déjà 89 milliards de dollars dans l’économie de la province, ce redémarrage de la consommation rouvre la porte au déploiement de nouvelles bannières.

Une consommation qui repart : 187,1 milliards de dollars de ventes en 2025

Les ventes au détail au Québec sont passées de 180 milliards de dollars en 2024 à 187,1 milliards en 2025, une hausse de 3,5 %. La progression s’est maintenue tout au long de l’année : la moyenne des onze premiers mois affichait déjà une croissance de 3,8 % sur un an. Rien d’euphorique, mais une tendance de fond, portée par une demande locative pour les locaux commerciaux qui ne fléchit pas.

Le contexte demeure exigeant. L’inflation tourne autour de 2,5 %, le taux de chômage a grimpé à 5,6 % et la croissance de l’emploi plafonne à +0,2 %. La reprise du magasinage se fait donc dans un climat de dépenses encore surveillées de près par les consommateurs, une nuance importante pour quiconque interprète ces chiffres comme un signal de retour à l’euphorie d’avant-pandémie.

L’alimentation et le vêtement en tête de la reprise

Tous les segments ne progressent pas au même rythme. Selon l’ISQ, ce sont surtout les détaillants d’alimentation, en hausse de 1,3 %, et les commerces de vêtements, chaussures, accessoires et maroquinerie, en croissance de 3,5 %, qui ont tiré le marché vers le haut en fin d’année. Ce sont précisément les créneaux où la franchise est la plus présente au Québec : épiceries de proximité, dépanneurs, prêt-à-porter et restauration constituent le cœur du réseau des bannières franchisées. Quand ces catégories avancent, les franchiseurs disposent d’un argument concret pour recruter de nouveaux franchisés et justifier de nouvelles ouvertures.

Un poids économique qui n’a plus rien d’anecdotique

Le franchisage québécois n’est plus un phénomène marginal. Selon le Conseil québécois de la franchise (CQF), le secteur représente 89 milliards de dollars dans l’économie de la province, réunit 781 bannières actives et près de 25 500 établissements. Le nombre de bannières a d’ailleurs presque doublé en dix ans, passant de 391 à 781, une accélération qui dépasse largement la croissance générale du commerce de détail et qui illustre à quel point le modèle s’est imposé comme véhicule de développement entrepreneurial dans la province.

La mécanique est bien documentée dans l’industrie : quand les ventes progressent et que la demande de locaux commerciaux reste forte, les franchiseurs ouvrent davantage de territoires et multiplient les occasions d’affaires offertes aux candidats. Un climat de consommation qui se maintient sur plusieurs trimestres consécutifs tend donc à se traduire, avec un certain décalage, par une accélération des signatures de nouvelles conventions de franchise.

Ce que les candidats franchisés doivent surveiller d’ici la fin de 2026

La reprise reste modérée et inégale selon les régions. Un candidat qui envisage une franchise dans le secteur du commerce de détail a intérêt à valider la vitalité commerciale de son secteur précis avant de signer une convention de franchise, plutôt que de se fier à la seule moyenne provinciale, un marché régional peut très bien sous-performer ou surperformer largement la tendance nationale.

Les prochains bulletins mensuels de l’ISQ et l’évolution du taux de chômage donneront le ton pour l’automne. Si la consommation tient, la fenêtre d’expansion actuellement ouverte par les franchiseurs pourrait rester grande ouverte jusqu’au début de 2027, un contexte que les candidats à la franchise et les franchiseurs en recherche de territoires ont tout intérêt à exploiter pendant qu’il dure.

Sources