Un restaurant par semaine, pendant douze mois, quelque part au Québec. C’est l’objectif que s’est fixé Foodtastic, le franchiseur montréalais dirigé par Peter Mammas, qui multiplie les acquisitions de bannières depuis le printemps 2026. Un rythme inhabituel pour le marché québécois, qui place le recrutement de franchisés au cœur de la stratégie du groupe.

Un franchiseur qui a changé d’échelle

Établi à Saint-Laurent, Foodtastic s’est imposé en quelques années comme l’un des plus gros franchiseurs de restauration au pays. Le groupe revendique aujourd’hui plus de 30 bannières et environ 1 200 établissements au Canada, pour des ventes système qui ont franchi le cap du milliard de dollars. Son portefeuille inclut déjà des noms familiers au Québec : Pita Pit, La Belle et la Bœuf, les Rôtisseries Benny et Carlos & Pepe’s.

Ce qui distingue Foodtastic de la plupart des franchiseurs de sa taille, c’est sa propension à acquérir des marques existantes plutôt qu’à les développer de zéro. Deux transactions récentes illustrent cette approche et expliquent l’accélération annoncée pour le Québec.

Dunkin’ et Kinton Ramen : deux acquisitions qui changent la donne

Le 12 mai 2026, Foodtastic a annoncé avoir décroché les droits nord-américains de la bannière Dunkin’ auprès de sa maison mère Inspire Brands, à titre de franchisé-maître pour l’ensemble du Canada. L’entente prévoit l’ouverture de 600 à 700 cafés au pays sur environ dix ans, dont près de 200 au Québec, soit près du tiers du réseau projeté. Les premières adresses doivent ouvrir à Montréal et à Toronto entre la fin de 2026 et le début de 2027.

Ce retour n’est pas anodin : Dunkin’ avait quitté le Canada en 2018, après un litige perdu contre ses propres franchisés québécois qui reprochaient à la marque un manque de soutien marketing face à Tim Hortons. Le pilotage cette fois assuré à 100 % par une équipe québécoise, qui connaît les rouages immobiliers, les chaînes d’approvisionnement locales et les fournisseurs de la province, change fondamentalement l’équation pour les futurs franchisés.

Un mois plus tard, le 16 juin, le groupe a mis la main sur Kinton Ramen, une bannière de restauration japonaise, ajoutant une corde asiatique à un portefeuille déjà bien garni. Deux acquisitions en cinq semaines : le signal envoyé au marché est celui d’une consolidation agressive.

Un afflux de candidatures qui dépasse les attentes

L’appétit du marché pour la marque Dunkin’ ne se dément pas. Dans les dix jours ayant suivi l’annonce de mai, Foodtastic a reçu environ 1 400 candidatures de personnes intéressées à exploiter un café — un volume qui témoigne à la fois de la notoriété de la marque et de la soif de nouveaux concepts chez les entrepreneurs québécois en quête d’une franchise.

Foodtastic assure lui-même l’ensemble du déploiement national : recrutement des franchisés, ouverture des établissements corporatifs, approvisionnement et marketing. Pour un candidat québécois, l’enjeu sera de se démarquer dans un bassin de demandes déjà abondant, où l’expérience en gestion commerciale et la capacité financière à opérer plusieurs unités deviennent des critères de sélection déterminants.

Ce que cela signifie pour le franchisage québécois

L’objectif d’un restaurant par semaine, s’il se concrétise, ferait de Foodtastic l’un des franchiseurs les plus actifs de la province en 2026-2027, toutes catégories confondues. Cette cadence pose aussi la question de la capacité d’intégration : ouvrir rapidement de nouvelles unités tout en maintenant la qualité de formation et de support aux franchisés est un défi classique pour les groupes en forte croissance.

Pour Tim Hortons, qui compte près de 600 succursales au Québec, l’arrivée de Dunkin’ représente le premier concurrent direct d’envergure sur le segment café-beignes depuis plus de quatre décennies. Les prochains trimestres permettront de mesurer si Foodtastic tient réellement la cadence annoncée et comment le marché, franchisés comme consommateurs, répond à cette offensive multi-bannières.

Sources