Soixante ans après l’ouverture de la première pizzeria de Salvatoré Abbatiello à Saint-Georges-de-Beauce, le Groupe Abbatiello franchira en 2026 le cap des 200 restaurants, porté cette fois par une bannière de poulet frit, Jack le Coq. Une entreprise familiale qui a toujours refusé les avances des géants américains et ontariens, et qui ouvre aujourd’hui grand la porte aux candidats franchisés du Québec.
Une histoire familiale, une croissance qui s’accélère
L’histoire commence en 1964. Six décennies plus tard, le Groupe Abbatiello chapeaute cinq bannières et emploie plus de 5 000 personnes. Depuis le rachat de l’entreprise par les petits-enfants du fondateur en 2018, le réseau est passé de 14 restaurants à 100 succursales en septembre 2024, un doublement en six ans qui ne montre aucun signe d’essoufflement.
Jack le Coq, nouvelle locomotive du groupe
Après avoir consolidé Pizza Salvatoré dans la plupart des régions ciblées, la famille a diversifié ses activités pour contrer la saturation du marché de la pizza. Le groupe possède aujourd’hui cinq marques : Pizza Salvatoré, Jack le Coq, Topla!, Crèmerie Chez Mamie et L’Œufrier. Rachetée à la fin de 2024, la bannière de fast-food spécialisée dans le poulet frit Jack le Coq sert désormais de moteur de croissance principal, aux côtés de la pizza et du déjeuner.
Ce choix d’une stratégie multi-bannières, plutôt que la simple multiplication de restaurants sous un seul nom, permet au groupe de répliquer son savoir-faire opérationnel et sa force d’achat sur plusieurs segments de la restauration rapide, tout en réduisant sa dépendance à un seul concept.
Une marque québécoise qui reste sous contrôle québécois
Courtisée à plusieurs reprises par des groupes américains et ontariens, la famille Abbatiello a toujours refusé de céder sa marque phare. Un choix qui tient autant à la relève déjà en place, les cinq membres de la fratrie sont activement impliqués dans l’entreprise, qu’à une lecture fine du marché local.
« On a vu, surtout en pizzeria, plusieurs joueurs tenter de percer le marché québécois au cours des dernières années, pour finalement s’en retirer quelques années plus tard. Le Québec est un marché très distinct », résume Élisabeth Abbatiello, associée et vice-présidente, communication et rayonnement du groupe. Cette conviction, que la connaissance fine des habitudes de consommation locales prime sur la puissance financière d’un franchiseur étranger, explique en bonne partie la résilience du groupe face à des marques mieux capitalisées.
Le développement se joue en région
Le groupe mise résolument sur les régions pour se déployer, plutôt que de concentrer ses efforts sur les grands centres déjà saturés. Au Saguenay–Lac-Saint-Jean, un groupe d’investisseurs locaux ouvrira sept restaurants du groupe en 18 mois, à commencer par un Jack le Coq à Chicoutimi, suivi de L’Œufrier, de la Crèmerie Chez Mamie et de Topla! à Jonquière et à Alma. Dans la Capitale-Nationale, un service au volant est également au programme du côté de Beauport.
Cette approche répond à une logique simple : les couronnes des grands centres et les marchés régionaux représentent des territoires encore largement disponibles, alors que Montréal et Québec voient déjà converger la plupart des grandes bannières nationales et internationales.
Un milliard de dollars visé d’ici 2029
Les ambitions du groupe dépassent largement le seuil des 200 restaurants. D’ici le 31 décembre 2029, les cinq membres de la fratrie Abbatiello visent 1 milliard de dollars de revenus pour l’ensemble de leurs bannières, ce qui correspondrait à environ 1 500 établissements. Le groupe prévoit également doubler ses effectifs dans les prochaines années.
Pour les candidats franchisés québécois, ce rythme de développement ouvre des territoires encore vierges, tant en région que dans les couronnes des grands centres. Les prochaines ententes multi-unités, notamment en Estrie et au Saguenay-Lac-Saint-Jean, donneront la mesure de la capacité réelle du réseau à répliquer ses concepts à grande échelle, un dossier à suivre de près jusqu’à la fin de l’année.
Sources
