Fondée à Montréal il y a un peu plus de 30 ans, Presse Café a réussi ce que peu d’enseignes indépendantes réussissent encore : rester québécoise dans un marché du café dominé par les grandes chaînes internationales. L’enseigne, qui compte aujourd’hui près de 40 cafés dans la province, entreprend une modernisation de son image de marque autour d’un concept qu’elle a baptisé la « pausitivité », et en profite pour partir en quête d’une nouvelle génération de franchisés.

Retrouver le sens de la pause-café

Quand l’entrepreneur Marcel Hachem a ouvert le premier Presse Café au coin des rues Mansfield et Sainte-Catherine, à Montréal, en 1995, il imaginait un lieu de rassemblement chaleureux, pensé pour donner envie de s’attarder et de socialiser. Trente ans plus tard, cette pause s’est effritée : télétravail, horaires chargés et omniprésence des écrans ont grugé les moments où l’on se permet de ralentir.

« De là est née l’idée de la « pausitivité », afin de redonner à la pause-café toute son importance dans notre quotidien », explique Marc Réjouis II, directeur du développement du Groupe Les Cafés V. P., auquel appartient Presse Café.

Peut-être que la personne qui entre chez nous porte le poids de sa journée sur les épaules. Nous voulons qu’elle reparte plus légère qu’à son arrivée. Au fond, il est question de mettre l’humain au premier plan en offrant un lieu où l’on se sent accueilli, reconnu et pleinement accepté.

Marc Réjouis II, directeur du développement, Groupe Les Cafés V. P.

Des cafés plus petits, pensés comme un salon

Le changement le plus visible de ce repositionnement touche la taille même des établissements : l’enseigne prévoit de réduire la superficie de certains emplacements pour offrir un concept plus express, sans renoncer à l’ambiance chaleureuse qui la distingue. « On s’y sentira comme dans son propre salon », résume Marc Réjouis II.

Le Groupe Les Cafés V. P., qui détient aussi La Fabrique de Bagel de Montréal et Green Traiteur & Café, mise sur l’ancrage local de chacune de ses succursales plutôt que sur l’uniformité des grandes chaînes. « Nous avons la volonté d’être un acteur engagé dans la communauté, dit M. Réjouis. Nous souhaitons soutenir les initiatives locales, être présents lors des fêtes de quartier et des tournois de la ligue junior, être là pour les travailleurs et quand les jeunes sortent du cégep. Ça fait partie de notre ADN. »

Un menu frais, adapté à chaque marché

Presse Café insiste sur la préparation sur place plutôt que sur les produits préemballés : les ingrédients sont taillés et apprêtés chaque matin. Le menu varie aussi selon les marchés. Dans certains secteurs urbains, un menu traiteur cible les bureaux avoisinants ; en région, où l’offre matinale est plus mince, le déjeuner s’étoffe avec des assiettes brunch, et des bars à espresso s’installent sur les voies rapides et dans les aires de repos. « Comme entreprise, on se permet cette souplesse en vue de répondre aux besoins de chaque marché », note M. Réjouis.

Une enseigne 100 % québécoise en quête de franchisés

Presse Café cherche aujourd’hui à séduire une nouvelle génération de franchisés qui adhéreront à la philosophie du fondateur Marcel Hachem : placer l’humain au cœur du modèle d’affaires. L’argument mis de l’avant auprès des candidats est celui d’un réseau qui a fait ses preuves depuis 30 ans, avec une marque reconnue et une clientèle déjà fidèle.

Quand on devient franchisé, on souhaite intégrer un réseau solide, qui offre de la formation et un réel encadrement. On veut se sentir soutenu. Et surtout, on cherche une enseigne expérimentée qui bénéficie d’une véritable notoriété. Cela fait 30 ans que nous existons ; la marque est reconnue, le logo est identifiable et la clientèle est déjà bien établie.

Marc Réjouis II, directeur du développement, Groupe Les Cafés V. P.

Un pari sur la proximité dans un marché de géants

En rapetissant ses cafés et en cultivant son ancrage local, Presse Café joue une carte différente de celle des grandes bannières mondiales du café. Le pari : transformer sa taille modeste en avantage concurrentiel, celui d’une enseigne d’ici, présente dans son quartier, au moment même où le café-minute occupe une place grandissante dans les habitudes des Québécois.

Ce qu’il faut retenir

Le succès de ce repositionnement se mesurera à deux échelles : la capacité du nouveau format express à fidéliser une clientèle pressée, et celle du réseau à convaincre de nouveaux franchisés d’investir dans une marque indépendante plutôt que dans une chaîne internationale. Pour une enseigne qui a célébré ses 30 ans en misant sur son caractère humain, le test des prochains mois sera de moderniser sans perdre l’identité qui la distingue de la concurrence.

Sources :