Dans un texte d’opinion publie dans Les Affaires le 24 juin 2026, Xavier Chambon pose une question aussi simple que dérangeante : et si le modèle de franchise disparaissait du Québec du jour au lendemain ? La réponse, nuancée et bien documentée, offre un regard rafraichissant sur un secteur qu’on connait mal.
Imaginez Amos, Rivière-du-Loup ou Thetford Mines sans franchise. Pas juste sans McDo ou Tim Hortons, sans pharmacie Jean Coutu, sans BMR, sans Point S, sans agence Re/Max. Xavier Chambon, dans son texte publié dans Les Affaires, part d’une expérience de pensée pour rappeler à quel point le modèle de franchise est devenu l’infrastructure silencieuse du commerce en région.
Dans les grandes villes, on s’en remettrait. Mais dans des centaines de municipalités québécoises, la franchise n’est pas une option parmi d’autres : c’est souvent le seul modèle viable pour y implanter un service essentiel. Un savoir-faire éprouvé, un approvisionnement centralisé, une marque qui inspire confiance dès le premier jour, voilà ce que la franchise apporte là ou l’indépendant n’oserait pas aller seul.
89 milliards de dollars, et ce n’est pas la restauration qui mène
Xavier s’appuie sur les données les plus récentes du secteur : la franchise contribue aujourd’hui à 89 milliards de dollars au PIB du Québec, avec 781 bannières actives, 25 500 points de service et 350 000 emplois directs. Des chiffres qui impressionnent, mais ce qui surprend vraiment, c’est leur répartition.
La restauration, dans l’imaginaire collectif, LE visage de la franchise, ne représente que 7,9 milliards des 89. Le transport (concessions automobiles, entretien, réparation) arrive loin devant avec 27,5 G$, suivi du commerce de détail (13,7 G$), de l’alimentation (12,2 G$) et de la sante (10,7 G$). Autrement dit : ce qu’on associe naturellement à la franchise est son secteur le plus modeste.
Le problème de perception qui nuit au secteur
C’est la thèse centrale de l’article : on sous-estime la franchise parce qu’on la confond avec la restauration rapide. Quand quelqu’un achète ses médicaments chez Jean Coutu, change ses pneus chez Ici-pneu ou vend sa maison via Re/Max, il interagit avec une franchise, sans jamais y penser comme telle. Cette méconnaissance entretient une image réductrice d’un modèle d’affaires qui est, en réalité, l’un des plus démocratisant qui soit : il permet à des entrepreneurs partout au Québec de devenir propriétaires d’une entreprise sans partir de zéro.
Et c’est précisément ce que rappelle Xavier en conclusion : la prochaine fois que vous croisez une bannière, voyez-y un emploi de plus, un service de proximité préservé, et la preuve que l’entrepreneuriat sous forme de franchise fait vivre les régions du Québec. Un message a méditer, alors que le secteur célèbre depuis 2025 sa propre Journée mondiale, chaque deuxième mercredi de juin.
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| Article original : Et si la franchise n’existait plus au Québec ? Auteur : Xavier Chambon Publication : Les Affaires | 24 juin 2026 | Dossier TPE – petites entreprises, grands défis |
