Voilà un titre de circonstance au moment au moment où le Québec se déconfine avec une grande majorité de primo-vaccinés. Mais ce n’est pas de vaccin dont il s’agit, mais simplement de rappeler combien la réalité nous rattrape. En effet, dans l’euphorie de la réouverture des terrasses, les franchiseurs et franchisés connaissent également les problèmes de recrutement. Les clients sont aux portes des terrasses, mais qui va pouvoir les servir ?

Petit rappel

Le défi de la main-d’œuvre date de bien avant la pandémie, avec un taux de chômage au Québec au plus bas de 4,7% fin 2019 et malgré la pandémie, au quatrième trimestre 2020, c’est près de 150 000 postes qui étaient vacants partout dans la province*

Le CQF avec son Comité des femmes en toute franchise avait déjà soulevé la situation en mai 2019 Québec. https://demo.cqf.digitalmarketsolution.com/nouvelles/les-femmes-en-toute-franchise-sinteressent-a-la-penurie-de-main-doeuvre/

Dans l’équation de la rareté de la main-d’œuvre, on doit maintenant ajouter le fait que plusieurs entreprises, qui ont tourné au ralenti ces derniers mois, doivent aujourd’hui composer avec « des salariés permanents » qui ont choisi de miser sur une nouvelle carrière ou de retourner sur les bancs d’école.

En plus de la restauration, l’ensemble de l’industrie touristique souffre également de la pénurie de main-d’œuvre. Le gouvernement du Québec annonçait la semaine dernière l’octroi d’une somme de 1,2 million de dollars, notamment pour permettre à près de 2400 étudiants d’effectuer des stages correspondant à leur domaine d’étude : la restauration, l’hôtellerie et le tourisme.

Dans ce contexte, les restaurateurs et autres employeurs aux emplois pénuriques, rivalisent d’ingéniosité pour séduire leurs futurs employés : un gym pour leur permettre de s’entrainer avant le service, une hausse des salaires, un régime d’assurances collectives ou encore une campagne promotionnelle avec un rappeur connu… Tout est bon pour recruter des employés avant les premiers coup de feu de l’été. Restaurateurs : préparez-vous à hausser les salaires, chers clients à recevoir l’addition ! C’est vraisemblable que les prix des menus seront ajustés en conséquence, pas seulement par l’augmentation des salaires mais aussi par le coût des denrées qui explosent dans la province.

Quelles pourraient être les pistes de solutions ?

  1. Le partage de la main d’œuvre ou le travail circulaire 

Prêter ses employés dans une autre entreprise, cela se fait dans certains secteurs pour des emplois saisonniers. Mais cette pratique ne devrait-elle pas être étendue à d’autres métiers et de façon plus structurée et durable ?

  1. L’entreprise doit se vendre, c’est une nouvelle réalité 

On parle de marque employeur, mais cela va plus loin que cela. La réalité économique, l’effet de la pandémie sur les priorités de chacun, le télétravail, les changements de carrières, les milléniaux, l’équilibre famille/travail La culture d’entreprise n’a jamais été aussi stratégique pour attirer et fidéliser les employés. Pier-Luc Bordeleau de la société Happy culture nous le soulignait lors de son intervention au café webinaire du CQF la semaine passée : «la culture d’entreprise doit fait partie de votre plan d’affaires» 2 Référence https://academiehappyculture.com/?v=3e8d115eb4b3

  1. L’employeur doit ajuster les salaires s’il veut garder ses employés clés

15$ de l’heure pour un cuisinier, c’est fini ! Les postes en cuisine sont une denrée rare et les employeurs s’accordent à dire qu’il faut réajuster les salaires de la profession. C’est une bonne chose. Il faut aussi que les modèles économiques suivent. Tout ceci amène les franchiseurs et leurs franchisés à être toujours plus performants dans leur gestion.

  1. Le recrutement à l’international

Plus que jamais, le sujet est d’actualité pour les employeurs du Québec. Dans le cadre de la feuille de route du Conseil du Patronat du Québec (CPQ) en mai 2021, celui-ci pense à 43% que le gouvernement devrait miser sur l’immigration pour solutionner la pénurie de main d’oeuvres,  avant le soutien à la formation des employés à 30% et au soutien à la robotisation et à l’inn0vation.**

Bien qu’un recrutement à l’étranger soit plus long et  plus coûteux pour les boulangers et les restaurateurs depuis que les postes ne sont plus sur la liste des postes prioritaires, c’est tout de même une quasi-obligation pour certains métiers comme la boulangerie. La franchise est un formidable bassin d’emplois pour les travailleurs étrangers avec une procédure d’intégration et d’accueil des employés qui est le plus souvent normée et encadrée à travers les manuels d’exploitation.

La pénurie de main d’œuvre est un sujet vaste qui touche de nombreuses industries au Québec. Le monde la franchise avec ses 9,8% d’emplois au Québec connait donc les mêmes problèmes et le Conseil québécois de la franchise devra appuyer et accompagner ses membres. Que ce soit à travers la formation, les services de certaines firmes membres du CQF qui offrent des solutions RH et de recrutement dans la province et à l’international.

Écrit par : Xavier Chambon

Sources :

**Auray Sourcing, marque de commerce de Auray Capital ici

**  Feuille de route pour une relance économique résiliente et durable 2021-2022, Conseil
du Patronat du Québec (CPQ), Mai 2021